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Conférence-débat : la dislocation de l'enseignement de l'histoire

lp24Le samedi 19 novembre 2011 à 15h au Centre départemental de la Communication, cours Saint-Georges à Périgueux, la Libre Pensée 24 vous invite à une conférence débat : "La dislocation de l'enseignement de l'histoire : pourquoi ? dans l'intérêt de qui ?", présentée par Jean-Jacques Marie, Historien, auteur de Trotsky ( Payot 2006), L'Antisémitisme en Russie de Catherine II à Poutine( Tallandier 2009), Khrouchtchev( Payot 2010) et Lénine( Payot 2011). Entrée gratuite...

 

«  Il faut laisser le passé dans l’oubli et l’avenir à la Providence », écrivait Bossuet, grand maître de l’obscurantisme religieux définissant ainsi une des conditions de la domination des détenteurs du pouvoir : que ceux d’en bas  ignorent leur histoire et ceux d’en haut pourrons plus facilement décider de leur destin.

Trois siècles plus tard, George Orwell soulignait dans son fameux 1984 : celui qui contrôle le passé - c’est à-dire son histoire - maîtrise le présent.

L’histoire n’est donc pas un enjeu académique. Son enseignement n’est pas, comme celui de la physique ou des mathématiques, une simple question de politique éducative, il relève d’une visée politique.

Il l’a certes toujours été : les enfants du début du 20 ème siècle étaient préparés par les manuels d’Ernest Lavisse à la revanche de 1870. Mais aujourd’hui, la manipulation de l’histoire prend une tournure beaucoup plus pernicieuse encore :en disloquant la chronologie, en remplaçant le déroulement de l’histoire dans l’ordre de succession des événements par des thèmes intemporels, la politique officielle de l’enseignement de l’histoire en France tend à enlever aux élèves, c’est-à-dire aux adultes de demain, la possibilité de réfléchir sur l’enchaînement des faits, donc sur la recherche des causes.

Ainsi les programmes - et la grande majorité des manuels – dissocient-ils la crise de 1929 et la montée fulgurante du nazisme en Allemagne à partir de cette date. Un manuel ose même écrire :  «  la période 1850-1939 est caractérisée par la croissance globale de la production de biens et l’élévation générale des niveaux de vie des populations. » Cette périodisation (1850-1939…et pas 1945) présente la guerre comme n’ayant rien à voir avec les convulsions économiques et sociales de la décennie précédente. Enfin, escamoter la crise de 1929, intégrée par certains manuels dans les « crises de croissance » dont le capitalisme serait régulièrement affecté, doit interdire aux élèves de comprendre celle qui secoue le monde depuis 2008 dont il est suggéré qu’elle est, elle aussi, une simple « crise de croissance » …comme celle de 1929 !

. Et ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres : le traitement de la révolution française et de la révolution russe, présentées souvent comme débouchant inéluctablement sur la terreur, relève du même trafic de l’histoire à des fins intéressées. La leçon doit être claire : quoi qu’ils vous en coûte, acceptez le désordre existant si vous ne voulez pas subir la terreur, la famine, la police politique, le Goulag …et autres délices du « totalitarisme », dont le nazisme ne serait qu’un exemple parmi d’autres…

Les manipulations du passé préparent celles du présent et de l’avenir. Elles sont pour cette raison profondément pernicieuses. Il faut donc les dénoncer et les combattre. 

Avec l’aide du Conseil Général de la Dordogne et soutenue par CGT, CGT-FO, FSU, Ligue de l’Enseignement, LDH, Parti de GAUCHE, PCF, P.O.I., SOLIDAIRES et avec l’aimable participation de la librairie « Des livres et nous ».