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Rencontre avec Vincent Peillon, Ministre de l’Education nationale

vpeillonLes représentants nationaux de la Ligue de l’enseignement ont été reçu par le Ministre le 5 septembre dernier.

Vincent Peillon connait bien notre mouvement, puisqu’il a présidé il y a quelques années une fédération départementale de la Ligue, et l’entretien fût chaleureux, à la mesure des convictions que nous lui connaissons et que nous partageons.

L’occasion d’évoquer tant l’actualité politique en matière éducative, que les actions et projets de la Ligue et les relations fonctionnelles avec l’institution...

Mais au-delà, cette rencontre a surtout permis d’évoquer la situation de l’Ecole, le défi éducatif général de notre pays et l’action de la Ligue pour contribuer à le relever.

Nos représentants ont pu mesurer la volonté de Vincent Peillon pour mener à bien le chantier qu’il a ouvert pour « Refonder l’Ecole ». Car, il ne s’agit pas seulement de réparer les dégâts d’une politique de 10 ans qui a brutalisé et abimé l’Ecole. Il s’agit bien de redonner à l’institution, à travers ses 3 missions « instruire, éduquer et insérer » et avec les autres acteurs éducatifs, l’ambition démocratique et les moyens d’une formation humaine complète pour tous à la hauteur des mutations et enjeux de notre société et qui ouvre vraiment la porte de la formation tout au long de la vie. C’est la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité qui est ici interrogée pour être mieux tenue. Nos représentants ont souligné l’ampleur de la participation de notre mouvement à cette première phase de concertation nationale et décentralisée, la vigilance qui sera la nôtre au moment du débat parlementaire de l’automne et bien sûr la place que nous entendons prendre dans la mise en œuvre de la future loi d’orientation, afin qu’elle ne reste pas, comme d’autres avant, au stade des bonnes intentions.

Comme le Ministre confortait cette dimension de notre action, nos représentants lui ont redit l’importance pour l’Ecole républicaine de pouvoir compter sur l’engagement et le travail des mouvements associatifs et pédagogiques laïques qui accompagnent et complètent la mission de l’Ecole, l’intérêt de les voir regroupés au sein du CAPE (Collectif des Associations Partenaires de l’Ecole publique) et la nécessité de les soutenir auprès de toute l’institution à tous ses niveaux et de leur assurer les moyens pour mettre en œuvre leurs projets.
Le prochain Salon de l’Education, du 22 au 25 novembre, manifestation organisée par la Ligue de l’enseignement, pourrait être l’occasion pour le ministre d’évoquer avec tous les acteurs présents les grandes lignes de sa politique alors que débutera le débat sur la loi d’orientation et de programmation et que le débat budgétaire 2013 sera déjà bien engagé au parlement.

Dans l’évocation que nos représentants ont faite des grands domaines d’intervention de la Ligue à l’Ecole et de nos réflexions pour les développer et en ouvrir de nouveaux, le ministre a particulièrement souligné ceux qui lui semblaient s’inscrire dans une actualité plus immédiate :
- Discutée dans le cadre de la refondation, la question des rythmes scolaires et éducatifs doit être l’occasion d’une reconnaissance accrue de nos interventions, tous secteurs confondus, dans le cadre cohérent des politiques éducatives territoriales, en lien avec les autres ministères concernés, mais avec l’expertise, les compétences et le recul d’un mouvement national d’éducation populaire comme le nôtre. Nous savons allier professionnalisation, volontariat, et engagement éducatif et bénévolat qui reconnaît les compétences des habitants sur tous les territoires et leurs aptitudes à transmettre leurs passions et savoir-faire.
- Le Ministre a également insisté sur la place qui doit être la nôtre dans une grande politique nationale d’éducation artistique et culturelle qu’il entend porter conjointement avec Aurélie Filippetti, Ministre de la culture et de la communication. Là encore, il est nécessaire de valoriser les pratiques et les expériences, de combiner les missions et ressources internes de l’Ecole avec les actions des collectivités, des institutions culturelles et des associations pour entrer enfin dans une véritable politique de droit commun. Nul enfant, aucun jeune, ne doit être privé de l’accès aux œuvres humaines, de l’accès à l’imaginaire et d’un destin commun partagé et durable.
- Au registre des activités physiques et sportives, Vincent Peillon a tenu à affirmer l’importance de l’éducation physique et sportive dans la scolarité et l’intérêt de pouvoir lui offrir un cadre d’exercice et de développement avec les actions et rencontres que nous proposons. Car pour lui, comme le stipule les conventions qui nous lient, le déploiement des activités éducatives à caractère sportif en direction des élèves des établissements publics du premier degré, dans tous les départements, est confié au secteur sportif scolaire de la Ligue, à ce jour représenté, en son sein, par l’Usep.
- Enfin, un autre point de convergence a porté sur le fait que les évolutions fonctionnelles de l’Ecole primaire, la refondation de l’Ecole, l’existence maintenant réelle et de qualité des politiques éducatives territoriales, comme la nécessité de faire vivre l’Ecole dans son territoire, appelaient une indispensable évolution et un développement des associations scolaires.
 -Bien évidemment, il n’était pas envisageable, compte tenu de l’intérêt que lui porte Vincent Peillon, de ne pas évoquer la figure fondatrice de Ferdinand Buisson, illustre président de la Ligue de 1902 à 1906, dont c’est d’ailleurs les 80 ans de la disparition, et qui sans doute inspire le Ministre dans sa volonté d’ouvrir une réflexion nouvelle sur la question de la morale laïque. Lui ayant rappelé nos travaux et réflexions en la matière tant sur le terrain de la laïcité que sur celui du « Faire société » et de l’indispensable éducation à la citoyenneté démocratique, il a émis le souhait que la Ligue contribue à cette réflexion dont la forme n’est pas encore arrêtée. Cette évocation fût aussi l’occasion de rappeler les prochains 150 ans de la Ligue en 2016, qui dépassent la Ligue tant notre histoire est mêlée à la République et à son Ecole, et plus près, notre congrès à Nantes l’année prochaine, sur l’actualité de l’éducation populaire, auquel nos représentants l’ont d’ores et déjà invité.

Cette rencontre conforte les relations que notre mouvement entretient avec le ministère de l’éducation nationale et constitue un cadre fécond pour la poursuite de nos relations à tous les niveaux de l’institution.

D’après Jean-Marc ROIRANT
Secrétaire général national de la Ligue de l’enseignement.