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Communiqué : l'éducation compte !

Lors de la rencontre extraordinaire du Conseil européen à Bruxelles, la semaine dernière, les leaders européens ont échangé sur les mesures anti-terroristes européennes. La rencontre était à l’initiative du français Alain Lamassoure, député européen...

Ce dernier a insisté sur le fait qu’il était « grand temps que nous (…) nous penchions sur la vulnérabilité de nos pays face à cette contagion de haine ». Néanmoins, les mesures de sécurité et d’anti-terrorisme ne peuvent être, au mieux, qu’une partie de la solution. EUCIS-LLL (dont la Ligue de l’enseignement est membre), appelle les institutions européennes et les leaders européens à prioriser l’éducation civique et la diversité dans leur coopération en terme d’éducation et de formation, afin d’assurer une réponse viable et de long terme à la « contagion de haine », au sein de sociétés démocratiques, intégratives et favorisant la connaissance, à proprement parler.

L’état de la démocratie en Europe ne semble bien sûr pas très prometteur. La crise sociale et économique et l’augmentation des inégalités ont pour conséquence la montée des partis d’extrême-droite, nationalistes et xénophobes, à travers toute l’Europe. 57% des citoyens européens déclarent que l’immigration provenant de l’extérieur de l’Union Européenne leur évoque un sentiment négatif (Eurobaromètre, automne 2014). La jeunesse européenne sent que sa voix ne compte pas et par conséquent, un nombre croissant de jeunes cherche refuge au sein des mouvements radicaux, comme ceux de l’extrême-droite ou des groupes djihadistes. Les récentes attaques terroristes et l’agitation qui a suivi n’ont confirmé qu’une seule chose : l’Europe et ses sociétés divisées se transforment en poudrières.

Nous n’avons besoin ni d’une adhésion superficielle à des valeurs démocratiques, ni de l’imposition normative de ces normes. Au contraire, nous avons besoin de faire vivre les valeurs démocratiques. Nous ne devons pas seulement encourager la tolérance, la solidarité et la compréhension interculturelle, nous devons aussi donner les moyens aux jeunes d’être des citoyens actifs, capables de se prononcer pour les droits de l’Homme, la démocratie et l’Etat de droit (…). « Il n’y a aucun doute sur le fait que l’éducation et la formation contribuent à développer des compétences pour lutter contre l’intolérance, la peur de ‘l’autre’, l’enfermement identitaire et le nationalisme », a déclaré Joke van der Leeuw Roord, la Secrétaire Générale d’EUCIS-LLL. L’Union européenne a pour responsabilité de défendre les valeurs fondamentales européennes, en termes de démocratie, aujourd’hui menacées. L’Union devrait porter une politique contribuant à l’aide social, au bien-être et à la citoyenneté active.

EUCIS-LLL suggère que l’éducation civique et la diversité, y compris le dialogue interculturel et interreligieux deviennent des domaines prioritaires de la coopération européenne en matière d’éducation et de formation, avec des feuilles de route précises. « L’attention particulière à l’acquisition et à l’évaluation de compétences transversales et à la mise en place de voies d’apprentissage inclusives, flexibles et abordables doit être un gage de ces politiques », explique David Lopez, le Président d’EUCIS-LLL. Cela doit se traduire au sein des programmes Erasmus +, Europe pour les citoyens et le Fonds social européen (FSE). (…)

L’ensemble de ces politiques ont la possibilité de construire des sociétés fortes, cohésives et basées sur al connaissance en Europe et résistantes aux sérieuses menaces pesant sur leurs valeurs démocratiques. Agissons ensemble pour construire une société plus intégrative !