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Le droit aux vacances
En 2026 nous fêtons les 90 ans des congés payés et les 80 ans des comités d’entreprise. C’est une occasion majeure de rappeler que le tourisme, les vacances, le temps libre sont d’abord un progrès social. Avant d’être un objet de commerce, les vacances sont le résultat d’une conquête du temps libre qui ne se réduit pas à la reconstitution de la force de travail.
Libérer le temps, quelle belle ambition ! Nourri des dynamiques et des utopies des mouvements d’éducation populaire, le temps libéré a été l’objet d’investissements symboliques et pratiques forts. Ils lui ont ainsi donné une portée d’émancipation, de transformation sociale, d’accès à la citoyenneté, terreau du tourisme social.
L’utopie, dans sa concrétisation, s’est souvent heurtée à des réalités sociales, politiques ou encore économiques qui ne lui ont pas permis de tenir toutes ses promesses : seuls 60 % des Français parviennent à partir en vacances au moins une fois par an, un chiffre que l’on peine à dépasser. Force est de constater toutefois qu’elle a permis au temps libre d’être celui du brassage social, de l’expérience du commun comme de l’altérité : un temps de cohésion.
C’est un rappel nécessaire lorsqu’on réalise que la parole de l’État se réduit aujourd’hui à l’invitation à la montée en gamme, pour une clientèle à fort pouvoir d’achat et internationale. Les vacances ne sont plus saisies politiquement, mais sont réduites à un enjeu de balance des paiements, à un produit qu’il faut prémiumiser : il s’agit de passer de « la quantité à la valeur » nous dit-on. La polysémie du terme valeur prend alors une tournure cynique : Le tourisme pour tous n’en aurait plus ! La première destination touristique mondiale ne peut se satisfaire d’un tourisme prospère si une partie de ses habitants demeure privée de l’accès au départ. (…)
En 2026 nous fêtons les 90 ans des congés payés et les 80 ans des comités d’entreprise. C’est une occasion majeure de rappeler que le tourisme, les vacances, le temps libre sont d’abord un progrès social. Avant d’être un objet de commerce, les vacances sont le résultat d’une conquête du temps libre qui ne se réduit pas à la reconstitution de la force de travail.
Libérer le temps, quelle belle ambition ! Nourri des dynamiques et des utopies des mouvements d’éducation populaire, le temps libéré a été l’objet d’investissements symboliques et pratiques forts. Ils lui ont ainsi donné une portée d’émancipation, de transformation sociale, d’accès à la citoyenneté, terreau du tourisme social.
L’utopie, dans sa concrétisation, s’est souvent heurtée à des réalités sociales, politiques ou encore économiques qui ne lui ont pas permis de tenir toutes ses promesses : seuls 60 % des Français parviennent à partir en vacances au moins une fois par an, un chiffre que l’on peine à dépasser. Force est de constater toutefois qu’elle a permis au temps libre d’être celui du brassage social, de l’expérience du commun comme de l’altérité : un temps de cohésion.
C’est un rappel nécessaire lorsqu’on réalise que la parole de l’État se réduit aujourd’hui à l’invitation à la montée en gamme, pour une clientèle à fort pouvoir d’achat et internationale. Les vacances ne sont plus saisies politiquement, mais sont réduites à un enjeu de balance des paiements, à un produit qu’il faut prémiumiser : il s’agit de passer de « la quantité à la valeur » nous dit-on. La polysémie du terme valeur prend alors une tournure cynique : Le tourisme pour tous n’en aurait plus ! La première destination touristique mondiale ne peut se satisfaire d’un tourisme prospère si une partie de ses habitants demeure privée de l’accès au départ. (…)